Par dessus tout, il faut vivre .


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Je veux retenir les petits sandwichs préparés avec amour pour les sorties scolaires et les grands sourires de bonheur à la découverte du contenu du sac de picnic .

La pagaille dans le salon et nous quatre sur le canapé le dimanche devant un bon dessin animé, avec le chien, les chats en prime.

Les séances de guilli-guilis alors qu’il est déjà tard et qu’ils ne sont même pas encore douchés.

Les réveils trop matinaux à comater à les écouter se raconter des histoires avant que ça ne dégénère en bagarre générale .

Les premières fois, la première dent, la première fois sans les roulettes, les premiers pas, le premier jour d’école, le premier tout petit rien, le premier, ça compte .

Les câlins contre mon cœur, la tendresse dans mes bras, mon constat du fait qu’ils deviennent de plus en plus lourds, de plus en plus grands, ce sentiment désagréable et doux à la fois. Sentir le temps qui passe, qui les fait grandir, qui me fait vieillir .

Les discussion sur la vie, les fois où on refait le monde. Les vérités qui vont trop loin, qui font trop mal à entendre dans la bouche d’un si petit garçon. Leur description du monde, cette réalité, leur logique implacable, tout ce que l’on apprend à travers leur compréhension du monde .

Les fois où ils s’inventent une vie dans les histoires et où j’embarque volontiers avec eux.

Les fois où ils dessinent, créent, inventent, imaginent un monde à eux, un monde  mieux.

Leur corps chaud le matin quand je les tire du lit pour aller à l’école, le biberon tiède au chocolat pour l’un et le bol de céréales et jus d’orange pour l’autre .

Les folies de Papa, les barbecues imparfaits improvisés à la dernière minute.

Les trouvailles de brocante à trois-francs-six-sous qui les ont rendu heureux .

Raphael et son récit de la première fois où il a donné le biberon à un petit agneau .

Gabriel et ses propos sur la vie en général, la simplicité avec laquelle il me les livre et la claque que cela me met à chaque fois .

Quand ils nous ont demandé comment et pourquoi on avait eu l’idée de les fabriquer .

Les journées ensoleillées et les sourires semblables à des fruits trop mûrs.

Je veux retenir l’amour, parce que l’amour, voyez-vous, a toujours raison .

Je ne veux retenir que lui, face à tout ce qui se passe dans le monde aujourd’hui. Quoi qu’on en dise, même si cela peut paraître puéril et naïf, l’amour est la meilleure réponse .

Je les aime chaque jour autant que je peux, ça n’empêche pas les atrocités qui se produisent dans le monde mais ça contribue à le rendre un peu plus joli .

Je ne vais pas me mettre à haïr moi aussi, alors que ce sentiment me dégoûte et m’affole .

Je vais cacher ma peur, je vais l’enrober de fierté, je vais la ridiculiser, ça sera juste une toute petite prudence quand je serai parvenu à la dompter .

Je vais vivre, transmettre et propager l’amour .

On va les protéger de la face cachée de la race humaine, tant qu’on peut, on trouvera les mots pour les rassurer le jour où on aura plus d’autre choix que de faire face et d’en parler .

Je veux retenir toute les petites choses merveilleuses qui sont dans notre vie . Cela ne veux pas dire que je suis insensible à l’actualité atroce du moment, c’est juste que je ne veux pas sombrer.

Sombrer dans la paranoïa, la tristesse et la déprime . C’est ridicule de le dire mais c’est incroyable comme c’est perturbant d’entendre chaque jour toutes ces choses horribles en sachant que l’on ne peut rien y changer . Il ne s’agit pas de la même problématique qu’avec l’écologie, si on se met tous à faire un petit geste, on sait que l’on peut faire bouger beaucoup de choses mais là ?

Comment on change le Monde quand il en est là ?

On a intérêt à garder en tête notre principal objectif lors de notre passage sur Terre : Vivre et prendre le plus de bonheur possible, aimer le plus possible, encore plus plus fort si c’est possible, faire le bien autour de soi, être des belles personnes à l’intérieur qui donneront à d’autres l’élan d’en faire autant .

Je ne sais pas si demain, en quittant l’école, j’écouterai encore France Info pendant tout le trajet en me rongeant les ongles et les peaux de mes doigts abîmés par le stress et l’incertitude . Je ne suis plus persuadée que cela fait de moi une mauvaise personne de ne pas m’affliger ça quotidiennement . Au lieu de ça, j’écouterai mon vieux CD de She and Him et je chanterai à tue-tête pour appeler la pluie, ouvrant mon cœur pour aller récupérer mes enfants avec le sourire, au lieu de les serrer très fort dans mes bras en ayant ce sentiment hautement déstabilisant d’avoir été folle de les faire naître dans ce monde .

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2 réflexions sur “Par dessus tout, il faut vivre .

  1. Pour parodier la Reine des neiges : « l’amour est le seul remède! « . Oui, il n’y aura jamais assez trop d’amour à donner à nos enfants, on ne leur dira jamais assez qu’on les aime, pour les aider à affronter ce monde de brutes…

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