« Je ne vais pas y arriver ».


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Quand je me demande quelle est ma bataille dans la vie, je pense immédiatement aux « je ne vais pas y arriver« .

Cette phrase  qui arrive sans crier garde dans la plus tendre enfance, celle qui empêche de dormir mon fils, celle qui me hante encore parfois moi aussi .

Je me lève chaque matin en espérant que quelqu’un grâce à moi se couche le soir en pensant que finalement si, il y est arrivé.

Je n’ai que trop rarement les mots avec mon fils quand il est pris d’une crise de « je ne vais pas y arriver« . J’espère avoir des paroles qui éclairent et qui rassurent, qui font sens et qui motivent, je ne sais pas si j’y parviens à vrai dire .

Je finis toujours par entamer une petite danse ridicule ou par faire semblant de tomber ou encore à faire semblant de descendre un escalier pour le faire mourir de rire . Je crois que je ne sais tout simplement pas quoi lui dire en réalité .

En tant qu’adulte, je me rends compte petit à petit que la seule façon de se convaincre qu’on va finalement y arriver, c’est de le faire, de se projeter, de s’imaginer ayant déjà effectué la chose qui nous parait impossible, je ne peux pas expliquer ça a un enfant .

Cela me fait un peu mal, de devoir endormir mon fils dans mes bras tant il ne se rend pas compte que réussir la chose qu’il craint de ne pas parvenir à faire n’a pas de sens .

En fait si, ça a beaucoup de sens, ça pose le problème des barrières qu’ils se met lui même concernant les choses qu’ils pensent pouvoir entreprendre . Alors ça me fait un peu mal, même si je sais que les « je ne vais pas y arriver » font partie de la vie .

J’ai un peu le sentiment de m’endormir moi-même, celle qui doute toujours d’elle en moi, celle qui pense que tous les autres, par postulat de départ peuvent réussir et pas elle .

Je le sais moi qu’il va y arriver, je sais sa valeur, je sais qu’il est génial, d’ailleurs, je lui dis; souvent mais ça ne suffit pas .

Quelqu’un aurait la formule magique pour éradiquer les « je ne vais pas y arriver » ?

Parce qu’ils sont partout, dans ma vie et même dans ma classe aussi et je lutte contre eux, je les écrase, je les réduis, je les pulvérise, du moins j’essaye .

Je vous prie de me croire que lorsque les « je ne vais pas y arriver » s’en vont enfin, ils font du bruit, ils font bomber le torse, illumine les visages et parfois même ils mouillent les yeux .

J’aime être là quand ça arrive, j’aime les voir partir battus à plates coutures, j’aime la confiance en soi grandissante qui se lit sur les visages de ses anciennes victimes, j’aime me dire que j’ai un peu participé à ce combat .

En fait, j’aime les « je ne vais pas y arriver » quand ils finissent bien car les réussites sont encore plus grandes quand ils s’incrustent .

Avec le temps, j’apprends à ne plus les craindre vraiment, à les apprivoiser, à attendre le moment propice pour tenter une attaque . Je  parviens à les mettre de côté sans paniquer à l’idée que mon fils est comme moi, que lui aussi est un grand angoissé, et que je m’en veux de lui avoir transmis ça.

J’aime ce challenge, j’aime ce qu’il procure en moi,  je crois que c’est un peu pour ça aussi que j’ai choisi ce métier .

Quant à mon fils, je n’ai pas envie de parler de ses « je ne vais pas y arriver » à lui car cela lui appartient mais je peux dire qu’une fois de plus, on les a eu, ensemble !

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4 réflexions sur “« Je ne vais pas y arriver ».

  1. Bonjour maman des p’tits pois !
    Sacrée question « existentielle » que voilà. J’ai lu pas mal de chose concernant la communication non violente et autres et la confiance en soi revient souvent, souvent, souvent… J’ai beaucoup lu et j’avais du mal à mettre en pratique, à voir concrètement comment je pouvais faire. Et puis … j’ai participé aux ateliers Faber & Mazlish. Je n’irais pas jusqu’à dire que ça a été la révélation mais pas loin. Au delà des concepts, ces livres sont bourrés d’expériences partagées, ça donne une mine d’idées. Et surtout les « habiletés » ! Les habiletés sont des techniques, des « modes d’emploi ». Elles ne fonctionnent pas toujours, pas avec tous les enfants, pas à chaque fois. Mais je me sens moins démunie. Je n’ai pas la sensation d’avoir un garçon qui soit très « je ne vais pas y arriver » alors je ne saurais mesurer l’impact des habiletés sur ce sujet (mais il y a de très belles expériences dans les livres). Mais concernant la collaboration, c’est juste dingue ce que ça m’aide !
    Je ne sais pas si vous connaissiez ces livres mais je vous les recommande. Et la participation est un plus : ça permet de mettre en pratique, de rencontrer aussi d’autres parents pour partager. Ca a vraiment été pour moi une super expérience.
    Bonne chance pour votre cheminement.

    Nathalie

  2. Ma fille aînée baisse très vite les bras quand elle n’arrive pas à faire quelque chose, elle s’énerve et puis chouine … j’essaye toujours qu’elle n’atteigne pas le stade du chouinage car en ce moment ça a le don de me taper sur les nerfs, du coup je lui dit de se calmer, respirer à fond et réessayer, que je suis certaine qu’elle y arriverait si elle prenait les choses calmement….
    Et c’est vrai, comme tu le décris, quand elle y arrive finalement, elle n’a pas assez de son visage pour sourire tellement elle est fière d’elle …

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