Et la bienveillance dans tout ça ?


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J’ai été militante et extrémiste, je suis toujours convaincue mais plus réaliste en ce qui concerne la bienveillance en matière de parentalité . 

J’ai lu beaucoup de livres sur la question, je comprends et défends nombreux des principes qui s’y trouve . 

J’ai attendu tellement d’eux, sortes de recettes magiques en puissance …
J’ai arrêté de me formaliser car ça ne m’a pas aidé de voir que trop peu de choses fonctionnaient chez nous . 

Ça m’a même dévasté.

Être pour la parentalité bienveillante ne se résume pas à partager des pancartes aux slogans bourrés de lieux communs sur les réseaux sociaux . Il ne suffit pas de les lire, de s’en gaver pour les imprégner et les appliquer . 

Il ne suffit pas d’y croire pour que ça fonctionne . Il faut du temps, comme pour tout, et de l’indulgence envers soi-même plus qu’en n’importe qui. 

Entendre pleurer mes garçons me file mal au ventre . Oui. Je ne mets pas de fessées à mes fils. Non. Je n’ai pas changé mon fusil d’épaule comme on dit . 

J’essaye de crier le moins possible mais là c’est difficile pour moi.

Contrairement à avant, je n’ai pas peur de dire à quel point c’est dur . Cela ne fait pas de moi une mère indigne . 

Mais attention, je ne cherche pas d’excuses à mes cris . Non, mes garçons ne sont pas hyper actifs ni plus chiants que les autres enfants . Oui, les enfants rapprochés, c’est du sport mais ça n’est pas pour cela que je crie. J’en suis sûre aujourd’hui et j’ai appris cela toute seule comme une grande . 

Il est dur de prendre la décision d’emprunter le chemin de la bienveillance par conviction et de ne pas toujours y parvenir . 

Expérimenter la culpabilité, la baisse d’estime de soi et trop peu souvent, le lâcher prise . 
Faire cette expérience humaine, c’est se rendre compte que non, tout n’est pas question de volonté pour obtenir des résultats immédiats . 

Parfois la colère est plus forte que tout, parfois les cris sont sur l’instant impossible à retenir . 
On ne sait pas pourquoi mais c’est comme ça, c’est une fatalité, une vérité universelle que l’on souhaite éphémère.

J’essaye de pointer du doigt cette colère et de l’isoler pour lui retirer son masque mesquin. 

Peut-être devrais-je davantage penser à moi et moins à mes enfants ? 
Non en fait, je suis pas programmée pour ça . 

Peut-être devrais-je travailler sur moi et être davantage objective sur mes réussites et moins sur mes échecs . 
Oui, on dirait que les jours où je craque restent en filigrane dans le ciel dégagé de ma petite vie si parfaite pour polluer la fierté que j’ai envers moi-même. Celle qui fait avancer et qui donne des ailes .

Peut-être avais-je juste besoin d’écrire ça quelque part : « Ça n’est pas évident, tout ça vous savez ! « . 
Je pense que vous ne me direz pas le contraire . Si ? 

Peut-être que j’avais omis qu’être parent implique de vivre en paix avec son enfance, cela me coûte de dire ça mais j’ai promis de dire la vérité aujourd’hui . 

J’aime mes fils plus que tout au monde et rien n’est plus important pour moi, rien ne m’anime comme la volonté d’être une mère bonheur pour eux . 

Je n’ai pas envie d’être laxiste, j’ai envie qu’ils soient des hommes biens plus tard . La bienveillance n’a effectivement rien à voir avec le laxisme. 

J’ai pas envie d’être « trop », d’essayer de les formater, de ne pas les accepter comme des enfants et juste des enfants . 

J’ai envie qu’ils se disent plus tard que j’étais parfois chiante mais juste et que leur enfance était douce et respectée . 
J’ai envie qu’ils comprennent que je les aime plus que personne ne les aimera jamais et j’ai envie qu’ils saisissent tous les efforts que j’ai fait pour eux, toutes ces heures à lire des bouquins pour les décoder, toutes les tentatives enjoués que j’ai pu expérimenter, tout ce temps de remise en question.

J’ai envie que ça leur inspire de la fierté à eux aussi, comme ça en génèrera un jour dans mon cœur . 
Oui ça sonne comme un besoin de reconnaissance et ça ne me fait même pas rougir de l’avouer .

J’ai envie qu’il sente la personne qui les a mise au monde comme une humaine . 
Une simple humaine, non sortie des livres . Une femme fragile et imparfaite, une femme émotive et sensible qui se laisse parfois dépasser par ses émotions, non pas parce qu’elle est faible mais juste parce qu’elle veut tout faire bien et que ça lui coûte chaque jour de réaliser que c’est impossible . 

Tout ce que j’ai envie qu’ils retiennent, au fond, ça n’est pas dans les livres. 
C’est dans le livre que j’écris dans ma tête , celui de notre histoire. 
Une histoire banale mais magique, toute normale mais impossible à raconter . 

Une histoire d’amour, celle d’une mère pour ses fils . 

Car plus on aime, plus c’est dur . 
D’accepter que tout ne soit pas comme on le voudrait dans sa tête . 

Car plus on aime, plus on se remet en question. 
Et plus on se remet en question plus c’est une preuve qu’on est à la hauteur . 

Car plus on aime et plus on grandit . 
Plus on réalise que les réponses sont en nous . 

Car plus on aime et plus on bafouille, je m’excuse pour ce billet si brouillon. 

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28 réflexions sur “Et la bienveillance dans tout ça ?

  1. Je lis ton billet et c’est exactement les mots que je pourrais poser sur ce que je ressent sur moi et mon amour pour mes 2 fils (9 et 5 ans). Cet amour si fort, si puissant, si dur, ce travail sur soi, la reconnaissance, l’image que l’on veut laisser, leur construction… Tu écris cela parfaitement! C’est même troublant de se reconnaitre comme ça…. Merci!

  2. MERCI !!!! Je me sens moins seule oui la bienveillance en matière d’éducation c’est pas évident et NON un livre ce n’est pas la vie de tous les jours. Pas évident d’être maman d’avoir des idées et puis de voir que la pratique ce n’est pas toujours ça, pas évident de confronter l’enfant rêvé à l’enfant réel.
    Merci pour cet article qui n’est pas brouillon mais qui est sincère =)

  3. Au début je culpabilisais énormément quand je criais… maintenant moins, j’essaie juste de prendre le temps de respirer un grand coup et d’expliquer à mon fils que je n’aurais pas dû crier, mais que je suis fatiguée/en retard/… et que ce qu’il a fait m’a contrariée/agacée/inquiétée etc… bref, mettre des mots sur mes émotions négatives, et surtout lui redire que même s’il suscite parfois ces émotions-là, je l’aime.

  4. Pendant longtemps, j’ai culpabilisé de ne pas réussir à suivre les principes de l’éducation bienveillante. J’essayais d’être à la hauteur, de prendre sur moi encore et toujours mais rien à faire, arrivait toujours un moment où la colère prenait le dessus et le ton montait, je me voyais très bien en train de crier sur mes enfants… Une fois que tout était retombé, je m’en voulais. J’avais en permanence ce sentiment d’échec…
    Par le biais d’une amie, j’ai découvert ton blog et n’y ai vu que de la bienveillance, du partage et je n’ai pas ressenti que tu voulais donner à tout prix l’image de la « mère parfaite ». Ton billet l’illustre très bien et j’ai juste envie de te dire à nouveau merci ❤ ❤

  5. Merci pour ce partage. Je ressens aussi cela. Et même si dans les livres on peut trouver beaucoup d’informations intéressantes, de soutien, de pistes de réflexions … Il ne faut pas oublier que l’on est unique, avec notre bagage, nos richesses, et que l’on peut transmettre tout cela à nos enfants … Se détacher un peu de la théorie et inventer, créer, notre façon d’être maman, en se reconnectant à l’enfant que nous étions (vivre avec des enfants y aide beaucoup je trouve …). En ce moment, je me détache des livres, car si on essai de suivre des directives à la lettre, et qu’on n’y arrive pas, l’estime de nous-même effiloche …Alors que si on trouve notre propre manière unique d’être maman, en accueillant notre originalité, celle de nos enfant, de notre famille, le sentiment de bien-être grandit … Et oui, les craquages sont inévitables pour moi aussi, par moment… Et la culpabilité qui s’ensuit aussi … Mais c’est un beau chemin…

  6. Merci tellement merci d’être dans ma tête et dans mon coeur. Je vais le faire lire à mes proches ça leurs permettra peut-être de comprendre un peut mieux se que je vie à l’intérieur. Nous sommes nombreuses à essayer de trouver notre voie dans cette grande jungle éducative. Les livres et autres sont de bon support mais je n’y ai jamais encore trouvé de recettes magique parce que je suis moi et que ma fille est elle sans doutes. Mais le plus dure c’est parfois le regard des autres ceux qui ne comprennent pas bien sur et qui voit dans ma manière d’élever du laxisme voir carrément du danger ( faire confiance au ressenti d’une enfant de 3 ans pffff) ceux là j’ai appris à leurs sourir, mais il y a les autres qui t’encense ceux là aussi il faut leurs dire que ça n’est pas facile et que souvent on se torture intérieurement. Alors merci encore tes mots sont justes.

  7. mais qui est bienveillant avec nous, les mamans ????
    pour être une maman disponible, attentive et à l’écoute, je me suis crée mon jardin d’égoîsme avec un temps pour MOI et un temps pour eux, mes trois chéris ados (et trois petits en quatre ans, oui, c’est du sport !). entourer les enfants d’amour c’est primordial, mais leur apprendre la frustration ce n’est pas mal non plus ! et cela, malheureusement, ce n’est pas dans les livres qu’on nous le dit ! leur donner le gout de l’effort, du travail, du partage, même pour les tâches ménagéres, leur apprendre que tout n’est pas fait que de plaisir, de consumérisme est tout aussi important qu’un calin, une confidence, un bonheur partagé
    alors, tous les bouquins sur l’éducation, et l’art ‘être une « bonne mére » … au feu !
    nous ne serons jamais des « bonnes méres » car toujours jugées au prisme d’une société, de l’autre, de convention. Nos enfants sont des individus à part entiére et tellement différents les uns des autres. Soyons nous mêmes, des femmes, pour ensuite être des méres. Courage « maman des petits pois », nous avons toutes nos doutes, nos cris, nos peurs et surtout une bonne dose de bienveillance.

  8. Pingback: Le virage 2014. | La maman des P'tits Pois

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