Le blues d’une zilienne .


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Le blues d’une zilienne .
La zil en langage expert ça signifie les instits qui remplacent ceux qui ont « leur classe » quand ils sont absents.
J’ai fait cela quatre mois quand j’étais enceinte de Mini et là j’ai à nouveau ce genre de poste pour la moitié de l’année scolaire .

Je me lève le matin, je ne sais pas où je vais être envoyé, c’est l’aventure et on y trouve ses avantages quand on prend un peu l’habitude de tout ça.
Du changement de collègues, des parents méfiants parfois (et on les comprend), de changer de niveau d’un jour à l’autre .

J’aime cette diversité mais bien sûr je n’aurai pas choisi ce poste au premier mouvement ( comprenez poste « définitif »).

Je m’adapte .

J’en retire le plus de satisfaction que possible, j’apprends plein de choses grâce à mes collègues qui ont davantage d’expérience, je suis curieuse et je pose es questions, à la fin de chaque remplacement, je repars avec des infos utiles et pertinentes.

Ce soir, j’en avait gros sur le cœur. Je sais je suis trop sensible, ça ne faisait que deux semaines et demi mais je suis comme ça .
J’ai photographié toutes les belles productions réalisés ensemble en les admirant avec fierté, enfin, après le doute et la précipitation .
J’ai rendu ma clef, c’est symbolique. Je l’ai fait en disant  » À bientôt » et je le pense, oui je le pense vraiment .
J’ai dit au revoir à mes élèves et je leur ai adressé un grand « merci ».
J’aime l’idée d’avoir laissé ma petite et modeste place dans leur vie.  Je n’oublierai jamais je crois S.; en France depuis seulement six mois qui me dit qu’elle m’aime et que je vais lui manquer . Bref, je suis émotive et je le vis plutôt bien.

J’aime ce métier un point c’est tout et quand on dit que c’est une vocation je crois que c’est vrai surtout quand je ressens cette effervescence et cet enthousiasme qui m’envahit quand il s’agit de préparer ma classe.
Quand je vois leur progrès d’un jour à l’autre, quand j’observe ceux qui ont du mal à venir mais qui sont synonymes de victoire .

Me connecter à mes élèves pour leur offrir des apprentissages adaptés et non généraux ni génériques mais spécifiques à leurs besoins, voilà le bonheur de ma vie d’instit, ma prise de tête heureuse quotidienne, mon pari dingue et mon incroyable fierté .

Je n’ai pas un métier bien vu mais qu’est ce que j’en suis fière . Je sais que je ne suis pas parfaite et il n’y a pas une journée qui ne me fait pas m’interroger sur ma pratique mais j’ai le mérite d’avoir l’envie, encore jeune et utopiste, j’ai la flamme, la vraie .

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3 réflexions sur “Le blues d’une zilienne .

  1. En lisant ça, ça me confirme qu’on peut vraiment aimer son boulot. Parfois je perd espoir, je me dis « personne ne peut aimer son boulot tous les jours », mais il faut croire que si. Et tu as une chance monumentale. C’est moche mais je suis jalouse ! Encore jeune mais jalouse tout de même…c’est le rêve de plein de gens de trouver un métier qui les poussera à se surpasser, un métier épanouissant qui fait qu’on a envie de se lever le matin, qui fait qu’on est heureux. Et c’est tellement difficile à trouver …
    Profites-en bien !

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