Non sans mal.


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C’est non sans mal que j’y suis arrivée .
Ça n’était pas tous les jours faciles mais j’ai une grande fierté de l’avoir fait .
Pour eux, pour mes fils, j’ai fait une petite pause dans ma vie professionnelle qui n’avait pourtant pas réellement commencée.
Après une année de congé parental et deux années à mi-temps, je reprends le chemin de l’école à temps plein.
J’ai eu beaucoup de mal certains jours à m’épanouir quand j’étais en congé parental.
Quand j’étais à mi-temps la première année, Mini a eu une année si difficile que j’aurais tout donné pour pouvoir avoir ce simple rôle, celui que je trouvais peu exaltant parfois l’année d’avant .
L’année suivante, je jonglais, moitié instit, moitié maman, j’ai eu bien du mal à trouver un équilibre, surtout quand il s’agissait de bosser à la maison avec deux enfants en bas âge .
J’ai pleuré à cause de leurs cris, de leurs bagarres, des nuits trop courtes et de tous ces petits soucis qui n’en sont pas quand on y réfléchit.
Je l’ai attendu ce jour.
Ce jour où je travaillerais à temps plein comme mon mari, nous plaçant ainsi sur un pied d’égalité .

 

 
Je l’ai attendu ce jour, c’est promis . 

 

 
Mais ce soir, je ne sais pas si je suis triste ou heureuse . J’oscille entre nostalgie, vertige et hystérie, quoi qu’on puisse en dire, c’est une nouvelle vie .
J’essaye de ne pas penser à toutes ces heures de garde où une autre pendra bien soin de mon fils pendant que moi, je transmettrai mes savoirs à d’autres, j’essaie de me convaincre que je ne suis pas triste de ne pas récupérer P’tit Pois à l’école, jamais .
J’essaye de ne pas penser à ces vacances d’été si éprouvantes émotionnellement que j’aurais tant voulu savourer .
J’essaye de ne pas penser avec tristesse que ce soir marque la fin d’une ère, celle de la petite enfance de mes enfants, cette période ou le besoin qu’ils avaient de moi était si fort que rien ni personne ne pouvait l’égaler . Certains jours ce sentiment me donne des ailes, certains jours les larmes coulent sans même que je ne m’en rende compte .
J’essaye de ne pas penser que j’ai peur, peur de tant de choses que je n’arrive pas actuellement à me raisonner. Cela ne doit pas être plus compliqué que ça : La peur de pas y arriver, tout bonnement .
Je ne sais pas si j’ai envie d’être à demain ou que demain n’arrive jamais.

 
Tout ce que je sais, c’est que je vais le faire, non sans mal, non sans une pointe d’amertume et de culpabilité .
Je vais prendre une grande bouffée d’oxygène et je vais me lancer .
Aussi longtemps que je ne me sentirais pas à ma place, hésitante et mal à l’aise, j’agirai les épaules hautes, comme si j’étais à ma place, comme si je gérais tout ça avec aisance .
Donner l’illusion et adopter une posture positive est pour moi le meilleur moyen de se convaincre soi-même que cette personne là, que l’on croit qu’on arrive pas à être car on retient que les trucs que l’on foire, au fond, c’est nous .
J’agirai ainsi jusqu’au jour où je deviendrais cette personne à sa place, et je sais que ce jour arrivera plus vite que je ne le crois.

 

 
Bref, demain, c’est la rentrée .

 

Edit : J’ai écris ce billet jeudi soir, et je dois dire qu’après cette première journée de séparation, je me suis sentie rassurée, tout se passe bien chez la nounou, je fourmille d’idées pour mon travail, je suis davantage enthousiasmée que catastrophée à cette heure et ça me met du baume au cœur .

 

PS1 : Je suis en train de lire La communauté du Sud, la série de romans qui a inspiré la série True Blood ( Charlaine Harris) et je me régale.

PS2: Je me REmaquille et contre toute attente, je suis dans une phase pire-coquette-tu-meurs, appelez moi contradiction, ça doit être la rentrée et toute cette effervescence ou alors le fait que Charlaine Harris a pris un soin méticuleux pour décrire l’inspirante  Sookie Stackhouse qui se pomponne pour son homme … :).

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6 réflexions sur “Non sans mal.

  1. Merci pour cet article. Voilà exactement ce que je ressens à 15 jrs de ma reprise ou plutôt de l’attaque d’un nouveau job tant espéré!
    Mon bébé va me manquer terriblement mais c’est pour lui que je le fais, voilà ma motivation.
    Merci a toi maman des p’tits pois pour ces mots!

  2. pourquoi culpabiliser ??? avant que d’être une maman, tu es une femme, un être et tu as le droit d’aspirer à être toi même. Que tu tournes la page de la petite enfance, certes, et que cela te rende mélancolique, je le comprends, mais il te reste tellement d’autres étapes à découvrir et à partager … bon courage à toi et à tes petits ….

  3. Pingback: Le virage 2014. | La maman des P'tits Pois

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