[Lettre à un P’tit Pois]. J’aimerai que tu saches …


photolettre à Ptit Pois

Tu as trois ans, c’est un truc de dingue non ?

Je sais pas toi mais moi, je nous vois encore hier à la maternité, alors imagine la claque que je prends tous les matins quand je te vois faire pipi debout et me demander de fermer la porte pour être tranquille .

Je pense souvent à tous ces sentiments qui m’inondent . Ces sentiments de mère, bien au fond de mes tripes, ceux qui me font rire, pleurer, exister, vivre et vibrer, j’aimerai tellement tous te les mettre dans un écrin pour que plus tard  tu puisses voir à quel point je t’aime, à quel point une mère c’est tordu . Je suis si fière de te voir grandir que j’en souffre.

J’en souffre délicieusement, je me nourris de nos souvenirs des premiers instants, de toutes tes premières fois à jamais gravés.  Je suis émotive quand tes chaussures te serrent, quand il faut investir dans de nouveaux habits car tu as encore poussé comme un petit champignon …

Je n’ai plus un bébé mais pas vraiment un grand garçon, parfois tu veux que je te considère comme tout petit puis des jours tu me repousses. Certains soirs, tu veux t’endormir dans mes bras et le lendemain tu te réjouis de faire des choses sans moi .

Je ressens tellement ton état, je m’immerge à ta place, enfin j’essaye.

J’essaye de comprendre, de me rappeler ce que c’est que d’avoir trois ans, de vouloir grandir, mais quand même ça fait peur. J’y arrive plutôt bien  et je m’en félicite . J’y arrive car je crois que je suis pas complètement adulte. J’veux dire il y a une partie de moi qui réfléchit toujours comme une enfant, on appelle ça une âme d’enfant je crois bien  .

J’aimerai que tu saches ce que ça me fait de te voir employer un vocabulaire incroyablement riche dans une phrase dépourvu de bégaiement. Je suis si heureuse de trouver enfin des choses qui t’aident dans tes angoisses . J’apprends à limiter tes angoisses alors on limite ton bégaiement et c’est un travail de longue haleine mais nous voyons déjà les prémisses des résultats escomptés.

Que tu saches que parfois le soir quand je vais te border avant d’aller me coucher, je me pose sur ton lit et j’embrasse ton visage tout chaud alors je te remets tout bien en place pour la nuit.

Que tu saches que j’ai mal vécu cette rentrée car j’ai ressenti ta détresse à travers tout un tas de signes . Tu peux pas savoir le bonheur que je vis ce jour à savoir que les choses commencent à évoluer positivement .

Que tu saches que je vous observe, bien cachée dans la coin du salon toi et ton frère pendant que vous vous câlinez, au milieu du salon dévasté par vos jeux et vos délires de petits garçons .

Que tu saches que parfois j’ai mal au cœur quand tu me repousses et que tu préfères faire les choses avec Papa qu’avec moi. Je sais, je ne  devrai pas te dire ça mais j’ai promis que l’on pouvait tout se dire toi et moi tu te souviens ?

Je culpabilise un peu, je me dis que tu te dis  peut-être que je préfère ton frère, cette pensée me donne envie de pleurer . J’ai un peu le sentiment de devoir te prouver le contraire au quotidien, c’est un peu difficile pour moi, j’espère que ça n’est qu’une passade, j’espère qu’au fond tu en es sûre : Que je t’aime à la folie-à-Papa comme tu dis aussi fort que ton petit frère .

J’aimerai que tu vois comme Papa se réjouis quand il sacrifie toute sa pause déjeuner pour aller t’acheter une surprise .

J’aimerai que tu puisses voir ma tête lorsque je te vois dessiner en tenant parfaitement ton crayon alors que tu refusais de dessiner la semaine dernière.

J’te dis pas les « Wahou » que je prends avec toi P’tit Pois, les bonheurs que tu m’apportes.

Les fou-rire que tu déclenches chez moi… Pas plus tard que samedi dernier, nous t’avons acheté des bottes pour aller cueillir des pommes avec l’école et , comme toujours dans les magasins, elles étaient attachées par un lien en plastique .

Dimanche à table, tu nous annonces, un poil déçu que tu ne pourrais pas courir avec tes nouvelles bottes, on t’a questionné sur la raison, tu nous a répondu : « Parce que c’est attaché alors on peut pas courir c’est dommage ». J’en rigole encore ;).

Je voudrai que tu saches aussi que je vérifie ton sac d’école en moyenne cinq fois le soir et quatre fois le matin pour être sûre de ne rien avoir oublié .

Que tu saches que j’ose plus trop me lisser les cheveux tant tu me complimentes quand j’ai mes cheveux bouclés qui tombent sur mes épaules . Je ne parle même pas de fait de les couper 🙂

Que tu saches que quand je te regarde, j’ai envie de pleurnicher tellement je me sens chanceuse que tu sois là, que tu existes même quand tu t’opposes, quand tu tapes parfois ton frère, quand tu fait pipi sur le mur des toilettes tous les matins, quand  tu cries beaucoup …

Voilà, j’espère que tu comprends l’idée de ma lettre, je veux te dire que je t’aime et mon plus grand souhait serait que tu mesures à quel point, pour que tu puisses comprendre à quel point tu es une personne spéciale et importante .

Je t’aime P’tit Pois.

 

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3 réflexions sur “[Lettre à un P’tit Pois]. J’aimerai que tu saches …

  1. Whouaou! Ca c’est de la déclaration d’amour ou je ne m’y connais pas!
    Tu m’as fait monter les larmes dis!
    Ils ont bien de la chance le p’tit pois et l’acrobate!
    Y a pas à dire … c’est beau l’amour d’une maman…
    Happy 3 à ton P’tit Pois!

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