La mère parfaite, ce fantasme.


Partage de boules au miel dans mon lit . Flagrant délit de lâcher-prise.

Partage de boules au miel dans mon lit . Flagrant délit de lâcher-prise.

La mère parfaite, je ne sais qui c’est .

Je crois qu’elle existe pas et je crois que c’est tant mieux.

Je crois aussi que j’assume de ne pas l’être car ne pas l’assumer serait renier mon appartenance à la race humaine .

J’assume le fait que mes fils m’énervent parfois, la crise d’opposition de P’tit Pois, ses « NON » m’usent, les pleurs de mon BABI de 19 mois me rendent intolérante au bruit en tout genre .

J’assume le fait qu’ils ne mangent pas des légumes tous les jours, car j’ai pas envie de me battre et pour moi l’important, c’est qu’ils mangent . Au pire, il y a les fruits qui compenseront .

J’assume le fait de ne pas vouloir d’autres enfants tant j’ai envie de les voir pousser en paix, tant j’ai envie de vivre un peu pour moi, dans mon travail, dans mon couple . Parfois, ses deux dernières années de ma vie m’apparaissent comme un parenthèse hors de moi même, un peu comme si je me voyais agir comme un robot de l’extérieur de mon propre corps.

J’assume le fait que mon salon soit présentement rempli de ballons de toutes tailles, que des balais traînent au sol, des chaussures, des voitures, des livres et j’assume parfaitement le fait d’écrire ici en ce moment même plutôt que de ranger . S’il se sont amusés après tout, c’est bien tout ce qui peut compter . (Oui, Mini est fasciné par les balais, alors on lui en a acheté un).

J’assume le fait de tenir un carnet de cuisine fastoche car je suis une quiche en cuisine .

J’assume que deux bacs à linge m’attendent.

J’assume le fait que la nuit, quand Mini se réveille, je lui donne un biberon de lait nature, car il n’y a que ça qui marche pour le rendormir  . Il s’endort aussi avec son biberon le soir après que je lui ai brossé les dents, je sais que ça n’est pas le top mais je le fais quand même.

J’assume le fait d’avoir des priorités minimes mais réalistes .  Si je me couche le soir en sachant qu’ils sont propres, biens,  repus, qu’ils ont assez ri pour la journée, je suis heureuse . Pour ce qui est des tâches ménagères, je n’ai pas l’ambition de faire de ma maison un lieu ou l’on peut manger par terre, je fais ce que je peux, ce que je trouve essentiel et j’assume parfaitement que peut-être chez d’autres c’est plus propre.  Cela ne me chagrine plus .

J’assume que parfois quand mes fils m’empêchent de bosser et qu’ils me font perdre le fil de ma pensée lors de mes préparation ça me rend dingue .

J’assume que mes fils déjeunent au lit et foutent des miettes partout que j’oublie parfois d’aspirer après .

J’assume la Storio et mon lecteur DVD .

J’assume que je ne repasse rien . J’ai honte . Chou, si tu me lis, je sais, il y a ce pantalon, ton unique pantalon qui demande à être repassé, je ne l’oublie pas hein . Promis ce soir ! :).

J’assume mon envie de sortir sans mes enfants et j’avoue sans trembler ma frustration de ne pas pouvoir le faire certaines fois .

J’assume qu’à mon mur sont suspendus des ballons qui restent de l’anniversaire de P’tit Pois ( le 25 août), car les retirer pour moi, c’est se dire encore une fois que le temps est passé trop vite .

J’assume faire partie d’un groupe sur la parentalité bienveillante mais crier, trop, comme si c’était plus fort que moi parfois . J’accepte ça, je ne tolère pas ses cris, je les subis au même titre que mes fils mais je sais que je vais parvenir à changer . Je travaille sur moi, car j’ai confiance en moi. Enfin, à 28 ans, il était temps !

J’assume ne jamais aller chez le coiffeur, commencer l’hiver avec les même bottines depuis trois ans, avoir un trou dans mon manteau que j’essaye de dissimuler ( car en plus je sais même pas coudre) parce que oui, le mi-temps, c’est la dech’. Mais j’assume ce choix pour eux, ils seront toujours au centre de toutes nos décisions familiales, ils en sont les déclencheurs.

J’assume que des fois les midis, je ne mange pas car mon  Mini se fait un shampoing au riz à la crème si je ne veille pas sur lui et que parfois P’tit Pois ne veut plus manger tout seul .

J’assume que lorsque je vois un nourrisson, je frissonne . Même si je veux plus d’enfant, même si parfois j’ai envie de partir loin pour souffler .

J’assume avoir pleuré lorsque j’ai vu P’tit Pois faire pipi debout pour la première fois .

J’assume être à fleur de peau, prête à pleurnicher à leur moindre nouveauté .

J’assume donc être ce mélange paradoxal d’émotions vibrantes qui fait de moi une mère .

Je peux pas dire le nombre de fois ou je me suis dit que j’avais fait une erreur de faire  des enfants rapprochés car au fond, je n’en était pas capable, que j’avais pas les épaules pour ça .

Je ne sais pas combien de fois j’ai pleuré car je me suis senti déchirée entre mes deux fils, comme le sentiment d’être à chier des deux côtés, de ne pas les combler, d’essayer mais de pas y arriver .

Chaque soir, je me juge, je m’analyse, je dis pardon à mes fils si j’ai crié, si j’ai merdé, je sais qu’ils me pardonnent . Alors je me pardonne . Alors je me répare de mes doutes du passé .

J’ai plus le fantasme de la mère parfaite, je suis une mère ordinaire.

Et c’est déjà tellement .

Je crois que j’ai fait la paix avec moi-même.

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18 réflexions sur “La mère parfaite, ce fantasme.

  1. merci pour ce beaua message!!!! moi j’ai encore du mal à assumer le bazare, les paniers à linge qui débordent et les cris malgré le groupe de parentalité positive (oui moi aussi!). Je me soigne et ce soir je me sens moins seule! Merci!
    Jusitne

  2. c génial!!! ça rassure de pas etre la seule!!! sauf que moi depuis hier tout est nickel 😉 enfin c une exception. ah oui je déteste les miettes dans le lit, donc ça m’arrive jamais. en revanche, il est arrivé plus d’une fois que les loulous ne soient pas douchés pour aller au lit :/ oh je t’adore quand je te lis! merci!

  3. Mais c’est tellement ca. Je me retrouve dans plusieurs points même si je n’ai pas encore réalisé tous ces points que tu ennonces. Bah quoi ?? Je suis une petite jeune inconsciente …

  4. Moi j’assume totalement que je ne suis pas un robot et un monument de zénitude et j’ai décidé que ça n’était pas contradictoire de pratiquer l’éducation non violente et d’avoir besoin de crier un coup (pas sur eux) de temps en temps. Sinon, ça voudrait dire que je n’éprouve pas d’émotions !
    Et j’assume aussi le bordel dans la maison, j’ai aussi fait mes choix, même si c’est clair que ça serait magique d’avoir une maison plus ordonnée au quotidien !!
    Bonne continuation à vous 🙂

  5. merci, une fois encore (je crois que je te remercie à chaque fois que j’ose poster un commentaire, et j’te jure c’est sincère !) …
    je me sens rassurée de te lire, je me sens moins « folle », moins seule, je me sens moins fragile, et j’assume d’être moi
    ce qui compte c’est que pour eux, on est la mère parfaite, et moi, ça, ça me rend heureuse ❤
    merci donc …

  6. Tu vois finalement nous sommes nombreuses compatriotes de l’imperfection: et c’est tellement bien ! On s’ennuierait ferme si on ne devait plus crier, pleurer, se remettre en question en lavant la purée qui dégouline de la chaise haute ^^ Ne t’en fait pas ton foyer ressemble au notre. (ma Petite Perle aura à peine 2 ans pour l’accouchement donc… ) et j’en ai 2 autres, soit 4 à manager: si je devais culpabiliser tous les soirs je ne serais pas épanouie et par conséquent ma famille non plus. Tu dois sentir quand même l’amour de tes enfants, c’est la plus belle et forte preuve d’un NON échec. Bisous

  7. Comme je me reconnais dans cet article. Le fantasme de la mère parfaite je l’ai eu, je l’ai encore un peu, mais petit à petit que je me rode dans ce rôle de maman (bébéchou a bientôt 2 ans), je me sens de plus en plus clémente vis à vis de mes imperfections. C’est fou ce que l’exigence de la maternité nous aide finalement à prendre du recul et à nous accepter (bien obligé!). Alors j’assume:
    – De dégainer plus souvent que je ne l’aurais pensé petits pots et autres joyeusetés manufacturées.
    – De ne pas m’opposer, effectivement, quand bébéchou me demande un « bibiiii » la nuit, même si j’entends souvent que c’est une mauvaise habitude, même s’il a mangé correctement le soir… Quand on sait qu’il est capable de rester 2h éveillé s’il n’a pas son lait, alors qu’avec, il se sera endormi 2 min après…
    – D’utiliser parfois la télé pour avoir la paix et pas juste parce que « ça reste un média ludique et permettant l’ouverture sur le monde si utilisé avec parcimonie, hum hum ».
    – D’être à certains moments totalement gavée, mon enfant me sortant par les trous de nez (j’ai eu pendant un bon moment une immense culpabilité à ressentir des émotions négatives vis à vis de fiston).
    – D’apprécier vraiment les instants où je me retrouve seule avec mon mari (oui…j’avais aussi une sorte de tristesse à ce qu’on profite tous les deux, une culpabilité à ressentir un apaisement pendant ces moments alors que fiston me manquait aussi en parallèle).
    – J’assume d’assumer de donner petits bonbons et friandises avec plaisir, pas tout le temps hein, mais je ne suis pas anti confiseries, de temps à autres (je dis ça car une maman me disait que JAMAIS son enfant n’en avait touché à cet âge).
    – J’assume (un peu mieux), mon retard (énorme) sur certains « dossiers », gestion des papiers, du quotidien…
    – J’assume ce côté poule, mère angoissée, ce besoin qu’il ne soit jamais bien loin et qu’il passe définitivement avant tout.
    Bon! Il y a des j’assume pas aussi hein…pour un prochain article !? : )

  8. Ça fait tellement de bien de lire qu’il existe d’autres mères qui partagent mes sentiments alors qu’autour de moi je n’en vois que si peu que je peux les compter sur led doigts d’une main. Quand je te lis ça m’encourage a ne pas prendre cas des remarques réflexions et « bons » conseils de l’entourage. J’essaie moi aussi de proner l’éducation bienveillante mais parfois au bord du gouffre je craque puis m’en veux à mort d’avoir hurlé sur mes petits ou pire mis une fessée… J’aimerai trouver des solutions à ça… Mais dans l’entourage (genre belle famille, et certains de mes proches) une fessée ne tue pas, le classique : moi à l’époque…et moi de dire ça commence par une fessée et ça termine en 650 morts d’e fants dous les coups de leurs parents. Mais tu mélange tout! Alors je doute mais je m’accroche à mes convictions malgré des dérapages.

    Merci pour vos billets
    (Et moi aussi je suis fusionnelle avec mes enfants et cela m’a été reproché wondergirl ayant été allaitée 2 ans)

  9. Je viens de découvrir ce blog et en particulier ce billet dans lequel je me suis totalement retrouvée (même si j’ai repris le boulot à temps plein cette année et que mes enfants ont eux 5 ans d’écart!). Que ça fait du bien de lire ce qu’on ressent au fond de ça. Pour ça, merci!

  10. Merci , merci , merci pour ce billet ! J’ai 70 ans et des années de culpabilisation bien martelée par mes mère et belle-mère sur  » la maîtresse de maison pââârfaite  » , la mère parfaite , l’épouse parfaite …… »
    Je me régale de voir mes petits HEUREUX . Leur maman ,qualifiée de bordélique , leur donne tout l’amour et l’écoute dont ils ont besoin . Elle me fait confiance et nous échangeons librement . La dernière ( 6 ans ) , réclame  »encore » un bibi quand elle vient chez moi ….elle en a besoin et , avec l’accord de sa maman , je le lui donne ! Qui me jettera la première pierre ? ? ?

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