[Nouvelle] C’est l’histoire d’une petite boule dans la gorge .


Joyeux anniversaire mon fils <3.

Joyeux anniversaire mon fils <3.

J’avais mis le réveil à six heures, je voulais avoir le temps de me préparer avant le lever des garçons .
En ouvrant les yeux, j’avais une boule à la gorge, ça me donnait la nausée . Je me sentais bien pourtant dans ma tête, j’étais fatiguée mais pas énervée, un matin comme les autres, la boule dans la gorge en plus .
Comme toujours, j’ai appuyé sur le mauvais bouton et au lieu de prolonger mon temps de sommeil de quelques minutes, j’ai éteins  ce satané réveil et me suis donc levée  à la bourre .
J’ai enfilé les fringues que j’avais préparé la veille, je fais toujours ça, car le matin je n’ai jamais le temps de rien. A peine les yeux ouverts, les garçons m’entraînent dans une course folle qui ne s’achève qu’à l’heure de leur sieste.
J’ai observé mon visage dans le miroir, j’ai caché la misère , j’ai défié ma touffe trop volumineuse pour être honnête et ça y est, j’étais prête .
C’était la pré-rentrée, c’était ma reprise quoi .
J’ai du mal à quitter mes fils, l’un d’eux me tire le gilet pour que je reste là, et l’autre pleure .
Je me sens bizarre, j’ai des frissons, pourtant je n’ai pas froid  . Je tremble  un peu aussi, j’ai peur que leur reprise se passe mal et avouons le, j’ai peur de me perdre .

 

Je dois me rendre à quarante kilomètres de chez moi, dans un patelin parfaitement paumé . Comme je suis maligne, je ne m’étais jamais rendu à l’école avant pour repérer la route . Non, j’aime le goût du risque .
Arriva ce qui devait arriver .
Je me suis perdue, parfaitement . Sans GPS, désabusée par cet itinéraire Mappy complètement merdique, sans aucun réseau 3G, ni même Edge, la totale.
J’arrive finalement à bon port une heure plus tard .
Je crois rêver, je suis seule dans la cours . Ma collègue apparaît et me dit que c’était à neuf heures le rendez-vous, qu’elle revient tout de suite, qu’elle va juste acheter les croissants.
Ok, j’étais en avance en fait, je me pose sur un banc, observe le paysage champêtre, me réjouit du croissant qui m’attend car, étant à la bourre ce matin, je n’avais rien avalé .
Ma première journée de reprise s’achève tranquillement, J’ai passé une bonne journée .
J’ai bossé sur l’ordi une grand partie de la journée . J’ai un peu mal à la tête quand vient l’heure du départ .
Je reprends la route, je me disais que c’était pas possible d’être boulet au point de se perdre deux fois dans la même journée . En fait si, c’est possible .
Cinquante minutes plus tard me voilà à Cora pour acheter des colorants alimentaires pour le gâteau d’anniversaire de P’tit Pois .
Je me gare, et d’un coup, j’ai ressenti un coup de mou terrible, un poids immense sur les épaules . Une tristesse et un désespoir inexplicable se sont  emparés de moi .
J’avais envie de pleurer .

D’ailleurs, j’étais en train de me dire que j’avais envie de pleurer quand j’ai senti des larmes couler sur mes joues .
Je sors de ma voiture, rentre dans la grande surface .
Je prends les quelques petits trucs que j’étais venu acheter .
Ensuite, voilà que j’erre dans les rayons, je me retrouve sans aucune raison d’y être au rayon puériculture .
Et là, mes yeux humides sont devenus trempés, je ne compte plus les larmes .
J’avais honte, j’étais dans une grande surface, courbée, visiblement défaite en train de pleurer .
Sur l’instant, rien ne pouvait m’arrêter .
Je balayais du regard ce rayon, je m’attardais sur les toutes petites chaussettes, les riquiquis pyjamas, les coussins d’allaitement et les petits lits .
Je ne sais pas bien ce qui s’est passé .
En quelques secondes, j’ai vu trois ans de ma vie défiler .
Comme si j’avais essayé de me cacher à moi même toutes les émotions que suscitaient chez moi l’idée de la première rentrée scolaire de mon fils .
Depuis deux mois ( et le reste ), je ne m’autorise pas  à stresser pour cette nouvelle étape dans nos vies . Mieux encore, je ne ressentais aucune angoisse. Je ne ressentais aucune tristesse liée à cette page qui se tourne . Rien .

Ça c’était avant que je ne me retrouve plantée là dans ce rayon à pleurer mes bébés qui grandissent trop vite .
J’ai tellement la tête dans le guidon sans cesse que c’est comme si je parvenais à mette de côté malgré moi mes émotions pour ne pas qu’elles ne me retardent dans la course qu’est ma vie . C’est si triste de parvenir à se rendre hermétique à ce point . D’autant que ça ne marche pas .  La preuve : Aujourd’hui, mes émotions m’ont rattrapé, littéralement .

J’ai pleuré encore dans la voiture, en rentrant à la maison, en passant l’aspirateur .
J’ai été mettre le nez dans les petites boîtes qui contiennent les tenues de naissance de mes garçons et j’ai pleuré .
J’ai tourné le bouton de la berceuse de P’tit Pois, celle que je mettais quand je suis rentrée de la maternité .
J’avais besoin de pleurer beaucoup, de pleurer tout et je faisais tout ce qu’il faut pour ça .

J’avais mal,  vraiment mal au cœur, c’était concret .
Un sentiment étrange, comme si tout me filait entre les doigts . Comme si je culpabilisais de ne pas en avoir profité davantage, enfin je ne sais pas, dans mon esprit, plein d’images s’enchaînaient les unes après les autres et produisaient chez moi une détresse émotionnelle manifeste .

Je me suis vidée de toutes mes larmes et plus tard, j’ai accueilli mon amoureux et mes garçons avec un plat chaud qui met tout le monde d’accord .

Nous avons passé une bonne soirée, on a beaucoup ri, parfois mes fou-rires débordaient de larmes, ils se mêlaient aux cris hystériques de mes fils, morts de rire, aux guiliguilis de mon amoureux, c’était tout simple, c’était le bonheur. Accessible et pure . Le vrai.

Il n’y avait pas d’âge, pas de notion de temps, nous étions là, nous étions nous, c’est tout .
Nous avons couché les garçons, j’ai dit à mon mari que je me sentais déprimée, je lui ai raconté mon épisode de larmes un peu fou au milieu du Cora.

Il a sourit, puis moi aussi .
J’ai chargé mon corps et mon âme de plénitude dans ses bras .

Ce matin, ladite boule à la gorge avait disparu .

 

Voilà, c’était l’histoire d’une petite boule dans la gorge qui est née car une personne se blinde de plus en plus, cette personne autrefois à fleur de peau et débordante d’émotions, les camoufle bien trop ces derniers temps, du coup, parfois, ça déborde .

Cette personne promet que l’on ne l’y reprendra plus .

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11 réflexions sur “[Nouvelle] C’est l’histoire d’une petite boule dans la gorge .

  1. j’ai été émue en te lisant le temps passe si vite je le voit bien avec ma puce qui as eu 4 ans le mois dernier et son petit frère arrivé il y a 16 jours ils faut profité a fond de tout ces moments de bonheur car après ils arriveront a un age ou ils diront maman lâche moi la honte ^^

  2. Oh! Que ton article me touche! Vraiment magnifique…quelle belle description de ce que je ressens parfois comme maman, moi aussi… TOUT passe si vite… À bientôt, car je reviendrai te lire… et Bonne Rentrée Scolaire

  3. Très touchant!! boule dans la gorge et larmes aux yeux assurés ton article…. cela nous ramène à nos propres émotions…. le temps passe beaucoup trop vite!!! bonne rentrée à la famille P’tit Pois 😉

  4. Je suis sensible… Je suis sensible à tes si jolis mots que tu mets sur ces émotions de maman qui sont tellements fortess, tellements vivantes, qui explosent de notre corps avant d’exploser dans la tête. J’ai des frissons , des larmes car tu mets au grand jour des plaies qui sont dans mon coeur.

  5. j’ai eu les larmes aux yeux et des frissons …
    et oui, le tourbillon du temps et si étourdissant. je regarde mon Loulou de 19 mois et je me dis « déjà »
    profite de chaque seconde de bonheur

    douce soirée

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