J’aime être celle …


photoetre celle

J’aime être la seule et l’unique femme dans cette maison.

Alors que parfois cette pression permanente est si complexe à gérer, si pesante car étouffante, je dois l’avouer, en dépit de tout cela, j’aime être ….

Celle qui cuisine pour eux, enfin du moins qui essaye. A bientôt trente ans, je prends enfin les choses en main pour m’améliorer en cuisine, ça me fait un truc en moi quand je leur prépare un truc mangeable et presque bon à eux, mes hommes . J’aime leur cuire un gâteau au chocolat en douce pour le goûter, pendant leur sieste . J’aime ça car je pense aux sourires et à la satisfaction que je lirai sur leur visage, je sais qu’ils seront contents, ils me trouveront gentille, je me sentirai indispensable pour eux . C’est mon rôle .

Celle qui, lorsqu’elle fait les courses pense à toutes les petits choses favorites de chacun de ses hommes, les petits comme le grand . Je n’oublie pas les compotes pomme-pêche de P’tit Pois, je pense toujours à la farine à pain maison car pour Mini, le pain maison de Maman, c’est sacré . Je n’oublie pas non plus le RedBull du Chef, qui lui permet de tenir le coup quand les nuits sont trop merdiques .  J’aime m’imaginer qu’ils se sentiront importants à mes yeux car j’ai pensé à eux, car je n’ai rien oublié . J’aime préparer un petit sac avec un truc à grignoter pour le Chef quand il part au boulot, j’aime préparer les sacs de crèche et tout vérifier, deuux fois.

Celle qui s’occupe du linge. Celle qui est contente de constater que le T-Shirt Spiderman-un-peu-trop-jaune-fluo-à-mon-goût de P’tit Pois est sec. Je suis heureuse, c’est con hein  ? Je le décroche, je vais le mettre sur la bibliothèque de sa chambre en pensant au lendemain matin et à son bonheur de l’enfiler . J’aime me dépêcher de laver les barboteuses de Mini car vraiment, il est trop craquant là-dedans . J’ai toujours un peu honte quand le Chef n’a plus que des chaussettes célibataires dans son tiroir, oui, ce sont mes bêtes noires les chaussettes. Personne n’est parfait .

C’est tellement accaparant parfois d’être leur mère quand ils se pendent inlassablement à mon cou en même temps, que je ne peux plus faire un pas sans entendre des hurlements qui me supplient de revenir, de les garder, de les porter . Mais quand je repense à ces moments, je me dis, avec du recul, qu’au fond, ça me flatte . Je suis indispensable pour eux . Sur ces instants, je suis la seule chose qu’ils veulent, je suis leur tout .

Je me sens indispensable dans cette maison. Indispensable dans leur vie . Cela me donne un vertige de dingue, d’amour et de fierté .

C’est précisément, je crois, ce sentiment, qui participe plus que n’importe quel autre à mon accomplissement en tant qu’individu .

Le cliché de la femme qui gère tout et de l’homme qui met les pieds sous la table, on est à l’opposé dans notre maison . Mais, j’y peux rien, j’ai un besoin maladif d’avoir un peu tout sous contrôle, ça me fait du bien, ça me rassure .

Je me suis souvent perdu, il est vrai, à travers tous les rôles que j’ai à tenir dans ma vie de femme, de mère, d’instit. Aujourd’hui, je crois que je me suis trouvée.

Cela n’est pas pour autant plus simple de tout gérer, mais dans ma tête, je crois que je commence à ordonner mes priorités . Je range mes satisfactions personnelles dans l’ordre pour savoir lesquelles me donnent le plus de bonheur . Je me demande chaque jour ce que j’attends de moi-même .

En effet, à travers mon expérience du « J’arrête de râler« , je me suis questionnée profondément sur ce qui engendrait chez moi, le plus de satisfaction. Je me connais davantage car surtout, je sais ce que j’attends de moi-même pour être en paix.

Sans doute, aucun, c’est ma famille . Mon rôle le plus important. Le rôle qui peut m’apparaître le plus difficile parfois, mais qui me rend le plus fière.

Quand je les regarde grandir et retourner notre maison.

Quand je les observe s’aimer tous les deux quand ils croient que je ne les vois pas .

Quand je pense au Chef et que je me dis que je l’aime éperdument.

Quand j’ai envie de partir en vacances sans eux et juste avec lui. J’ai pas honte de le penser, ça veut juste dire que le noyau dur du grand rôle de ma vie est intact : Mon amour pour lui.

Tu me pardonneras, j’espère, ce billet brouillon, c’est un peu brouillon dans ma tête aussi  <3.

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6 réflexions sur “J’aime être celle …

  1. Brouillon ou pas… ton billet m’a foutu une petite larmichette… Bon en même temps c’est la journée spéciale larmichette pour moi aujourd’hui ^^

    • Très joli billet, je suis aussi la seule femme de la maison et je n’arrivais pas à mettre des mots sur ce que je ressentais ces temps ci. Surtout qu’avec un nourrisson de quelques mois, des fois, c’est ma vie de célibataire rien qu’avec mon homme que j’ai envie de retrouver.
      Mais finalement, tout ce que tu dis, je le pense, profondément.
      Alors merci d’avoir posé des mots sur ce que je ressens, et du coup d’y repenser dans mes petits moments de blues 🙂

  2. Raahhh, comment tu fais??? C’est pas possible, t’es dans ma tête, toi, tu mets toujours des mots sur mes pensées, sur mes actions, bref, ce billet, c’est moi, même si je ne suis pas la seule femme de la maison… Merci…

  3. Ici de même, je ressens de la joie à paraître si importante à leurs yeux. Bon, il y a des jours où effectivement, j’en ai ras le bol. Mais les besognes les plus fastidieuses nous rendent fière, c’est gratifiant de sentir une vraie utilité (bon pas toutes les besognes quand même)! Même s’il y a toujours à certains moments des envies de démission!

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