Le premier jour du reste de sa vie [ Un enfant qui dort, enfin]


photo premier jour du reste de sa vie

Il fallait qu’on trouve une solution. J’avais expliqué pourquoi ici.

Aujourd’hui, je reviens sur les moyens mis en œuvre pour aider mon fils à dormir.Le livre de la méthode Pantley a été la base de notre réflexion, mais nous avons vite abandonné la méthode scrupuleuse .

Voici ce que nous avons concrètement changé :

La mise en place d’un vrai rituel

En effet à chaque fois que je m’apprête à coucher mon fils, je vais avec lui fermer ses volets et je lui parle en ayant recours à ce que je considère comme les mot-clefs du sommeil.  « Ecoute, j’ai allumé la musique du dodo, parce que tu es fatigué ( Je lui donnes son Doudou préféré celui qui pue le phoque mort qu’il s’empresse de moumouner à fond), tu vas bien te reposer mon amour ». C’est le signal en quelque sorte, son attitude lorsque je lui donne son doudou est un indicateur de sa fatigue. Ainsi, je l’identifie sans peine et il apprend lui aussi à faire ce lien . Nous allons ensuite enfiler la roupillette le plus souvent dans le salon, là ou les autres membres de la famille font leur vie, sans être en mode MUTE, nous disons « Bonne nuit » à tout le monde .

Je retourne ensuite dans sa chambre, je m’assois sur une chaise, ( truc trouvé par le Chef!!) cette même chaise depuis son retour de la néonat, la chaise de nos tétées. S’il a faim, je lui donne une tétée, d’une main, il me tient, de l’autre, il prend son Doudou et se le met sur la tête, signal cette fois-ci qu’il est prêt, il commence à s’endormir. S’il ne se détache pas lui même du sein, j’approche la tétine qu’il prend de suite . Nous restons là, un temps câlin indispensable .

Nous décidons pour lui .

Cet Acrobate passait des journées entières à râler, on pouvait lui trouver toutes sortes de maux, jusqu’au moment ou il a fallu se rendre à l’évidence. Le réel responsable ( hors poussée dentaire ou maladie, on est d’accord) c’était  la fatigue. Il ne riait plus, il ne savait plus jouer, il fallait de manière urgente l’aider .

Nous le couchons désormais aux premiers signes de fatigue et quoiqu’il en soit, nous ne le sortirons pas de sa chambre avant qu’il n’ait dormi. Nous n’avons jamais laissé pleurer notre fils, mais à chaque fois qu’il se relevait par exemple, nous retournions pour un nouveau câlin sur notre chaise, pour le remettre couché, lui redonner son Doudou, sa choupette, lui changer la couche aussi parfois.. Que sais-je ?  Toujours, nous répondions à ses appels mais en lui énonçant le même mot-clef : DODO . Il lui fallait dormir.
En une quinzaine de jours, il a considérablement augmenté son temps de sieste (ses!) et se couche sans heurts presque chaque soir, ne s’endort plus au sein et le plus souvent sans avoir tété avant . Quelque soit les circonstances, visite à la maison ou non, nous ne le faisons pas veiller davantage pour ne pas rompre ce cadre rassurant dans lequel il est en train de s’inscrire .
Il mange toujours trois à quatre fois la nuit mais c’est tout simplement car il a pris cette habitude ainsi, il ne fait plus aucune insomnie, c’est déjà pas mal ! Nous souhaitons régler un problème après l’autre .

Il boit chaque soir un biberon de lait en poudre, qu’il adore, qu’il réclame, qu’il dévore, je ne culpabilise pas le moins du monde . J’ai ressenti le besoin de me détacher rien qu’un peu de nos tétées incessantes de ce lien lacté exclusif qui finissait parfois par me faire déprimer tant j’avais la sensation d’étouffer .

J’ai ouvert les yeux et je l’ai vu grand, sain et comme les autres.

Un an s’est écoulé quasiment, et nous portions quotidiennement les séquelles de cette naissance dévastatrice, de cette malformation pourtant bénine mais si usante . Il était temps de sortir de tout ça, sortir du malheur, de la tristesse,  de la peur, de l’incompréhension et de comprendre enfin. De prendre le problème à bras-le-corps et de cesser de subir. Sortir de la panique des nuits blanches en se croyant mauvaise mère, sortir de la culpabilité de plus apprécier les petits instants .

Le jour ou j’ai considéré mon fils comme un enfant comme les autres,  cela a été pour lui, le premier jour du reste de sa vie .

Je remercie les personnes qui m’ont tendu une main, celle qui m’a apporté ce livre qui a été le point de départ, celle grâce à qui j’ai verbalisé samedi dernier que je soufrai terriblement à l’ approche de cette date anniversaire, j’ai pu lui exprimer le plus intimement qui soit ma douleur de le voir grandir, ma souffrance d’accepter que ces instants gâchés ne nous serons jamais rendus . Merci à celui qui partage ma vie, qui me comprend sans que je ne  parle . Merci à l’amie qui appelle toujours quand ça va pas « sans le faire exprès » .

En ce moment, c’est un peu le début de la fin de beaucoup de choses mais c’est surtout un très grand virage dans sa vie, dans la nôtre.

Demain sera fait de nouveaux échecs, de faux espoirs peut-être . Mais bon, ça c’est la vie tu crois pas ?
Et si ça avait été un peu moi aussi le problème ?

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11 réflexions sur “Le premier jour du reste de sa vie [ Un enfant qui dort, enfin]

  1. C’est un truc de dingue…. Je voudrais essayer de pas être dans le jugement, de pas avoir de mots cassants… mais en fait, tu (vous, avec le Chef) as su trouvé les ressources, essayer autre chose, casser ce qui n’allait pas: créer un rituel, le voir comme un bébé en bonne santé (comme je comprends!)… Et au final, se dire qu’on y est peut être aussi pour quelque chose!!! Se poser ne serait-ce que la question, non pas pour être dans la culpabilité, mais pour construire quelque chose et améliorer la situation de tous!!!!!!!! MAIS LA PROCHAINE BIBLE DU SOMMEIL, C’EST PAS PANTLEY, C’EST LA MAMAN DES P’TITS POIS!!!!!!!!!!!!

  2. mes enfants dorment assez bien , je n’ai jamais vraiment eu ce genre de probleme donc , mais je me retrouve bcp dans ton billet: en tant que maman, on marche en avant, on fait des essais , il y a des reussites, des echecs….. et parfois on se sens tellement nulle comme maman . Mais le principal est d’etre à l’ecoute de ses enfants, de les aimer et d’etre à leur ecoute. il n’y a pas de mamans parfaites, il n’y a que des mamans aimantes ❤

  3. ça me fait tjrs du bien de te lire… pourquoi ? parce que je me dit que si je t’avais connu avant, je n’aurais pas perdu pied, ou tant douter…
    tu as du soutien, des personnes présentes, qui t’écoutent, et je t’assure que tu as beaucoup de chances !
    tu es une très bonne mère, crois moi !!!
    et de voir comment ton mari et toi vous écoutez votre fils, comment vous lui expliquez les choses, comment vous vivez tout ça, je vous dis bravo ! ce n’est pas facile à vivre, et vous y arrivez conjointement !
    merci de partager tout ça avec nous…
    (allez j’arrête je veux pas faire du tristounet)
    grosses bises

  4. bravo d’avoir trouvé la solution, j’ai aussi lu pantley et ça m’a aidé pour le rituel du soir!! du jour au lendemain 🙂 aujourd’hui tout va très bien, sieste et nuit, je dis OUF pour tout le monde!!

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