Lettre à Mini # 7 C’est l’histoire d’un acrobate .


Voilà, on y est, tu as six mois, une demi année. Quand on y pense avec Papa ça nous donne juste le vertige .

Il y a six mois donc, tu arrivais dans ma vie et je m’apprêtais à vivre les moments les plus douloureux de toute ma vie. Oui, je n’ai pas eu beaucoup d’épreuves dans ma vie avant d’affronter notre séparation mais, bien que cela m’est apparu sur le coup insurmontable, nous nous en sommes sorti.

J’ai longtemps gardé un goût  amère à cause de nos instants volés, de cette séparation qui m’empêcha de m’imprégner de toi, mon tout petit . J’ai pleuré tant de fois en essayant de te comprendre, en y parvenant pas, en me disant que je ne te connaissais pas  . A tâtons, j’ai tenté plein de choses pour t’apaiser, il y a eu cette personne bienveillante qui m’a parlé de micro-kiné, ce qui fût le point de départ d’une vraie révolution.

Ce goût amère faisait couler des larmes lorsqu’une femme était enceinte et qu’elle était prête à accoucher, quand je passais devant ton armoire et que tous tes petits habits que j’avais préparé pour la maternité étaient là, intacts, sans odeur de vie, sans odeur de toi.

J’ai rêvé de nombreuses fois de mon accouchement, de la peur que j’avais de te perdre . J’aurai tellement voulu t’attraper pour te poser sur moi lorsque tu es né, j’aurai voulu te garder sur moi un temps en peau à peau, vivre une véritable tétée de bienvenue,  c’était si difficile pour moi de me dire que jamais on ne pourrait vivre ces instants.

Je vivait dans le regret et la tristesse comme si le manque de ces moments rendait notre relation complexe, comme s’il était possible un instant que tu ne m’aie pas acceptée en tant que mère .

Enfin, tout cela c’était avant.

Avant que je sorte la tête de l’eau et que je me rende compte que la naissance n’est que le point de départ d’une vie, un tremplin . Ton  arrivée, j’aurai préféré qu’elle soit moins chaotique, moins douloureuse mais qu’importe car l’important est que tu existes .

J’ai digéré ta naissance, mes regrets et tout ce que va avec .

Hier, une amie que je n’avais pas vu depuis longtemps m’a demandé comment s’était passé mon accouchement, je lui ai  répondu rapidement puis, perdu dans mes pensées je me suis dit : » C’est vrai, il y a eu tout ça ».

C’est comme si j’avais  mis de côté « tout ça », comme si tes sourires et tes éclats de rire avaient pris toute la place dans mon cœur.

Aujourd’hui, je garde le meilleur de ces moments, ce qui fait ton identité,  tu étais un acrobate dès ton quatrième jour de vie quand tu as réussi à te mettre en travers de ta couveuse, quand tu arrachais ta couche à peine mise par les nounous de la néonat’. Je me rappelle aussi de la première fois que tu as tété mon sein, c’était incroyable ! Tu faisais un super job, c’est grâce à toi aussi qu’aujourd’hui nous démarrons notre 7 ème mois de tétées. Je ferme les yeux parfois pendant nos tétées et je repense à  ces quelques trop rare tétées qu’on partageait à la néonat’ et je donnerai tout pour revivre cette amour intense qui me brûlait le cœur .

Je pense aussi souvent à un moment précis car c’est l’un des plus beaux de ma vie . Nous étions dans le parking avec Papa et nous allions à la voiture le jour ou on nous a annoncé que tu allais sortir enfin et il m’a demandé  ce que je devais prendre pour apporter à la maternité. Je l’ai regardé et j’ai énuméré toutes les petits choses en ayant les larmes qui explosent dans mes yeux . J’ai regardé avec tant de tendresse la vidéo que nous avons faites de ta rencontre avec ton frère à la maison…  J’ai appris à garder le meilleur car tout ce la fait parti de TON histoire et je peux te dire que si forte fut ma douleur si profond fut le bonheur que tu as apporté dans nos vies.

Petit à petit tout s’estompe, ça reste en filigrane mais ça ne fait plus souffrir.

J’ai été plus maternante que jamais avec toi et tu m’a prouvé à quel point j’avais raison, à quel point tu avais besoin de temps pour te remettre toi aussi. Je vis cette maternité enfin pleinement et je pense que toi aussi si j’en juge par tes sourires permanents . J’ai douté de notre lien et aujourd’hui je suis enfin objective et j’observe avec admiration la fusion qui existe entre nous . Je m’amuse à te voir être un acrobate car je me dis qu’au fond, tu as toujours été comme ça . Voilà ainsi l’origine de ton si doux surnom mon amour.

On découvre ensemble les joies du portage, on continue de vivre des moments lactés inoubliables . Je ne loupe pas une miette de ta vie, de toutes tes premières fois, de la complicité qui s’installe avec ton frère, rien ne m’échappe .

Il y a peu je pleurais car je trouvais  que le temps  passait trop vite et que j’avais le sentiment d’être passée à côté de tellement de choses… Aujourd’hui, je me réjouis du fait que tu n’aies QUE six mois et je pense à toutes les bonheurs qui nous attendent.

Joyeuse demi-année mon bébé,  l’aventure ne fait que commencer .

 

Maman

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3 réflexions sur “Lettre à Mini # 7 C’est l’histoire d’un acrobate .

  1. Je me sens tellement proche… Il m’aura fallu plus de temps pour digérer de mon côté, et la grossesse que je vis actuellement remonte plein de choses (craintes) mais on avance!
    Longue vie à votre complicité!

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